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Égypte : L’Aïd al-Adha gâché par cet élément central

Égypte : L'Aïd al-Adha gâché par cet élément central

En Égypte, pays qui compte la plus importante communauté musulmane du monde arabe, la célébration de l’Aïd al-Adha, également connue sous le nom de fête du sacrifice, se révèle particulièrement difficile cette année. La crise économique frappe durement la population, et le prix de la viande, élément central du rituel de la fête, a considérablement augmenté ces dernières années.

À Ain Shams, un quartier populaire du Caire, les rues sont bordées de vachettes et de moutons, attendant d’être achetés pour le sacrifice rituel. Farida, une mère de famille, explique la situation : « En tant qu’Égyptiens musulmans, nous nous retrouvons tous ensemble, et ceux qui peuvent se le permettre achètent un animal et le sacrifient le matin après la prière, et ils vont ensuite l’offrir aux pauvres ». Cependant, la flambée des prix empêche de nombreuses familles, comme celle de Farida, d’acheter un animal vivant. Elle se contente donc de morceaux de viande à la découpe, achetés dans une échoppe vendant des produits subventionnés par le ministère de l’Alimentation.

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Les échoppes subventionnées offrent de la viande à des prix inférieurs à ceux du marché, bien que de qualité moindre. Farida souligne : « Quand j’achetais quatre kilos de viande l’an dernier, j’en achète deux ou trois maintenant. Mais ici, on a accès grâce au gouvernement à de la viande aux prix les plus bas, on les trouve dans les petites échoppes comme celle-ci. Pour les gens qui n’ont pas les moyens d’aller chez le boucher, ils ont des prix bien inférieurs à ceux du marché. »

 

abattoir decoupe viande ©sergey kolesnikov Shutterstock 1024x683 1

Les bouchers, comme Mohamed, adaptent également leurs prix pour la fête religieuse. Mohamed, très connu dans le quartier, a baissé le prix de la viande de 420 à 360 livres égyptiennes le kilo pour rendre la viande plus accessible durant cette période.

Malgré ces ajustements, la crise économique laisse une empreinte amère sur les festivités. Un boucher, voisin de Mohamed, reconnaît l’impact des prix élevés sur les ventes : « Ceux qui achetaient une vache vont acheter un mouton, ceux qui achetaient un mouton, vont acheter un morceau de viande. » Omar, un client, exprime ses sentiments mitigés : « C’est une émotion étrange, un mélange de joie et de déprime, joie pour la fête et tristesse à cause de la crise économique. De manière générale, les gens ne sont pas très heureux. »