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Burkina Faso : le célèbre avocat Guy Hervé Kam enlevé peu après sa libération

Burkina Faso : le célèbre avocat Guy Hervé Kam enlevé peu après sa libération

Le célèbre avocat et leader de la société civile burkinabè, Guy Hervé Kam, a été enlevé mercredi soir à Ouagadougou, peu de temps après avoir été libéré. Cette nouvelle a été confirmée jeudi par son organisation, le mouvement Sens (Servir et non se servir), dont il est le coordonnateur national.

Selon le communiqué de Sens, des agents de la sûreté nationale ont initialement déposé Guy Hervé Kam sur un terrain vague près de son domicile. Cependant, immédiatement après, un autre groupe d’hommes armés l’a enlevé pour une destination inconnue. Cette séquence d’événements soulève de nombreuses questions quant aux intentions et à l’identité des ravisseurs.

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Guy Hervé Kam, connu pour son rôle d’avocat de la famille de Thomas Sankara et co-fondateur du mouvement Balai Citoyen, avait été arrêté en janvier à l’aéroport de Ouagadougou. Bien que sa libération ait été ordonnée par un tribunal en mars et confirmée en appel en avril, il est resté une cible apparente des autorités.

Le mouvement Sens dénonce cette situation comme un signe de l’arbitraire et de la répression qui règnent sous le régime militaire actuel dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2022. Sens tient les plus hautes autorités du pays pour responsables de l’intégrité physique et morale de Guy Hervé Kam, exigeant sa libération immédiate et sans condition.

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Cet enlèvement s’inscrit dans un contexte de répression accrue des voix dissidentes au Burkina Faso. Mercredi également, le lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana, accusé de tentative de déstabilisation des institutions de l’État, a été enlevé après sa remise en liberté provisoire. Ces incidents illustrent une tendance inquiétante de répression des opposants politiques et des figures de la société civile.

Le Burkina Faso fait face depuis 2015 à des violences terroristes croissantes, attribuées à des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et au groupe Daesh, causant près de 20.000 morts et déplaçant plus de deux millions de personnes. Dans ce climat d’insécurité, la situation des droits de l’homme et des libertés civiles continue de se détériorer, exacerbée par les actions du régime militaire actuel.

L’enlèvement de Guy Hervé Kam symbolise les défis graves auxquels sont confrontés les défenseurs des droits de l’homme et les acteurs de la société civile au Burkina Faso, soulignant la nécessité d’une vigilance accrue de la part de la communauté internationale pour soutenir la démocratie et les droits humains dans le pays.